Tableau d’amortissement LMNP : modèle et suivi

Mis à jour le 30 juin 2026
Illustration de tableau de suivi amortissement lmnp

Le tableau d’amortissement LMNP est un outil indispensable pour tout loueur en meublé imposé au réel. Il permet de suivre, année après année, la perte de valeur comptable du bien, du mobilier, des travaux et des différents composants immobilisés. Sans ce suivi, il devient difficile de justifier les montants déduits, de préparer correctement la déclaration fiscale et de conserver une vision claire de la rentabilité réelle du logement.

En location meublée, les revenus sont imposés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux. Lorsque le loueur relève du réel, il peut déduire certaines charges et pratiquer l’amortissement en LMNP, sous conditions. Le tableau sert alors de support de pilotage : il ne remplace pas une comptabilité complète, mais il aide à comprendre comment les dotations sont calculées et suivies dans le temps.

À quoi sert un tableau d’amortissement LMNP ?

Un tableau d’amortissement LMNP sert d’abord à organiser les données comptables liées au bien loué. Il recense les éléments amortissables, leur valeur de départ, leur durée d’utilisation, la dotation annuelle et le cumul déjà pratiqué. Cette vision structurée évite de recalculer les montants chaque année et limite les erreurs lors de la préparation de la déclaration.

Son intérêt est aussi fiscal. En régime réel, l’amortissement peut réduire le résultat imposable, parfois jusqu’à neutraliser une partie importante des loyers imposables. Toutefois, la déduction n’est pas libre : elle doit respecter les règles applicables aux biens donnés en location meublée et les limites prévues par les textes. Un tableau de suivi permet donc de distinguer ce qui est calculé, ce qui est effectivement déduit et ce qui doit être reporté.

Il apporte enfin une lecture patrimoniale. En suivant la valeur nette comptable, le propriétaire comprend mieux l’évolution de son actif dans sa comptabilité. Cette information devient utile en cas de revente, de changement de régime, de contrôle fiscal ou de transmission du dossier à un expert-comptable.

Quels éléments intégrer dans le tableau ?

Un bon tableau doit être suffisamment complet pour être utile, sans devenir illisible. L’objectif est de suivre chaque élément amortissable séparément, car un immeuble, un meuble, une cuisine équipée ou des travaux n’ont pas la même durée d’utilisation. Le terrain, lui, doit être isolé, car il n’est pas amortissable.

Les colonnes les plus utiles à intégrer sont les suivantes :

  • la nature de l’élément : construction, mobilier, travaux, agencement ou équipement ;
  • la base amortissable retenue, hors terrain lorsque le bien immobilier est concerné ;
  • la date d’acquisition ou de mise en service ;
  • la durée d’amortissement appliquée ;
  • le taux annuel ou le montant de la dotation annuelle ;
  • l’amortissement cumulé depuis l’origine ;
  • la valeur nette comptable restante ;
  • le montant déduit sur l’exercice ;
  • le montant éventuellement non déduit et reporté.

Cette structure permet de relier la logique comptable à la déclaration fiscale. Plus le tableau est tenu régulièrement, plus il est simple de retrouver les montants à reporter d’une année sur l’autre.

Exemple de structure de tableau de suivi

Le modèle ci-dessous donne une base de travail simple pour organiser les amortissements. Les durées indiquées doivent toujours être adaptées à la nature réelle des composants, au dossier du bien et aux méthodes retenues par le professionnel qui accompagne la déclaration.

Élément Base amortissable Durée Dotation annuelle Amortissement cumulé Valeur nette comptable
Construction hors terrain 180 000 € 30 ans 6 000 € 18 000 € 162 000 €
Mobilier 8 000 € 7 ans 1 143 € 3 429 € 4 571 €
Cuisine équipée 6 000 € 10 ans 600 € 1 800 € 4 200 €
Travaux immobilisés 12 000 € 15 ans 800 € 2 400 € 9 600 €

Ce tableau illustre la logique à suivre, mais il ne suffit pas à lui seul. Il faut aussi conserver les factures, le détail des ventilations, les justificatifs de travaux et les éléments qui expliquent la valeur retenue pour chaque composant.

Comment calculer et reporter les amortissements au réel ?

Le tableau d’amortissement concerne principalement les loueurs qui déclarent au réel. Avant de le construire, il faut donc vérifier si ce régime est adapté à la situation du propriétaire. Le choix du régime réel en LMNP dépend notamment du niveau des loyers, du montant des charges, de la valeur du bien, des intérêts d’emprunt et de l’intérêt fiscal attendu.

Le calcul repose le plus souvent sur une logique linéaire : chaque élément est amorti sur sa durée normale d’utilisation. La difficulté n’est pas seulement mathématique. Elle consiste surtout à ventiler correctement le prix d’achat entre terrain, construction et composants, puis à appliquer une durée cohérente à chaque catégorie.

En pratique, le suivi doit intégrer plusieurs règles importantes :

  • le terrain doit être exclu de la base amortissable ;
  • les composants du bâtiment peuvent être amortis sur des durées différentes ;
  • le mobilier et les équipements sont généralement suivis séparément ;
  • les travaux doivent être distingués selon qu’ils sont déductibles immédiatement ou immobilisables ;
  • les dotations ne doivent pas créer ou aggraver un déficit imputable sur le revenu global ;
  • les montants non utilisés doivent être suivis pour les exercices suivants.

Lorsque les amortissements calculés ne peuvent pas être déduits en totalité, ils ne disparaissent pas pour autant. Ils peuvent constituer des amortissements non déduits, à suivre précisément afin d’éviter de les perdre ou de les comptabiliser deux fois.

La cohérence avec la déclaration est également essentielle. Les montants figurant dans le tableau doivent rester alignés avec la liasse fiscale LMNP, notamment les tableaux relatifs aux immobilisations, aux amortissements et au résultat. Un écart non expliqué peut rendre le dossier difficile à justifier.

Les erreurs à éviter dans le suivi des amortissements

La première erreur consiste à amortir l’ensemble du prix d’achat sans distinguer le terrain. Or le terrain ne se déprécie pas comptablement comme une construction : il doit donc être retiré de la base amortissable. Une ventilation approximative peut fausser toutes les années suivantes.

Une autre erreur fréquente est de confondre charge et immobilisation. Certaines dépenses peuvent être déduites immédiatement, tandis que d’autres doivent être immobilisées puis amorties. Les travaux importants, les équipements durables ou les agencements doivent donc être analysés avant d’être intégrés au tableau.

Les points de vigilance les plus courants sont les suivants :

  • amortir le terrain avec la construction ;
  • appliquer une durée unique à tous les composants ;
  • oublier le mobilier ou les équipements achetés après la mise en location ;
  • ne pas suivre les reports d’amortissements d’une année sur l’autre ;
  • modifier le tableau sans conserver l’historique des calculs ;
  • négliger les justificatifs de prix, de travaux ou d’équipements ;
  • oublier que les amortissements peuvent avoir un impact à la revente.

Ce dernier point est devenu particulièrement important. Depuis les cessions réalisées à compter du 15 février 2025, les amortissements déduits au régime réel LMNP peuvent être pris en compte dans le calcul de la plus-value, sauf exceptions. Avant de vendre, il est donc utile d’anticiper le calcul de la plus-value en LMNP à partir d’un tableau d’amortissement propre, complet et cohérent avec les déclarations passées.

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